vendredi 10 août 2018

28 juillet/10 août: Icône de la Mère de Dieu de Chouïou-Smolensk ["ШУЙСКАЯ-СМОЛЕНСКАЯ"]




L'icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Chouïou-Smolensk a été peinte dans les années 1654-1655 dans la paroisse de la Résurrection de la ville de Chouïou, où une peste fait rage sans relâche. Confiant dans la miséricorde de Dieu et par l'intercession de la Mère de Dieu, les paroissiens de l'église de la Résurrection demandèrent à un certain moine pieux de peindre l'icône de la Smolensk Mère de Dieu de Smolensk, icône longtemps considérée comme salvatrice du peuple russe frappés par les ennemis et le malheur.

Les paroissiens passèrent toute la semaine dans la prière et le jeûne tandis que l'icône était peinte. Lorsque l'icône fut terminée, le prêtre et le peuple l'apportèrent à l'église et la mirent dans un endroit spécialement construit. Dès cette époque, la peste commença à régresser, d'abord près de la paroisse de la Résurrection, et puis ensuite dans toute la ville.

Par cette icône de la Mère de Dieu, de nombreux miracles de guérison eurent lieu, en particulier pour les fidèles atteints de maladies des yeux. L'icône est également fêtée le 11/24 juillet, le 2/15 novembre et le Mardi Lumineux.

Version française Claude Lopez-Ginisty

dimanche 5 août 2018

23 juillet/5 août: Miracle de l'icône de la Mère de Dieu de Potchaïev [«ПОЧАЕВСКАЯ» ]

Почаевская икона Божией Матери


La montagne de Potchaïev est à l'ouest de la Russie, et là, au XIVème siècle, la Mère de Dieu avec le Sauveur est apparue à deux moines et un berger. Après cette apparition, une seule empreinte du pied de la Toute Pure est restée gravée dans la montagne, à partir de laquelle une source a surgi. 

La montagne auparavant déserte est devenue le site d'un monastère dédié à ce miracle. Plus de 200 ans plus tard, le monastère reçut la visite d'un évêque grec du nom de Néophite, qui laissa comme cadeau au monastère, une icône de la Mère de Dieu de Constantinople. Cette icône porta alors le nom du monastère et devint l'icône de la Mère de Dieu de Pochaïev.

En 1675, une armée turque avançait vers la montagne de Pochaïev, déterminée à élargir le Dar al-Islam [Maison/empire de l'islam*]. Le monastère, était incapable de résister à une agression, et ce malgré la présence des défenseurs des armées; aussi, nombreux furent ceux qui abandonnèrent l'espoir que Pochaïev pourrait survivre.

Au matin du 23 juillet/5 août, l'higoumène de Pochaïev enjoignit aux moines de demander l'intercession de la Mère de Dieu et de saint Job, ancien moine dont les reliques étaient dans le monastère. Les Turcs massés au pied de la montagne préparaient leur assaut, les moines commencèrent la prière "Ô Reine des armées célestes…" devant l'Icône de la Toute Pure Mère de Dieu...

A ces mots, la Mère de Dieu apparut dans les nues, le moine Job en prière à côté d'elle, avec une armée d'anges aux épées dégainées. A cette apparition, les défenseurs furent comblés, tandis que les Turcs furent terrifiés. Telle est la puissance et la force des images célestes.

Dans la panique, les Turcs décochèrent des flèches dans le ciel sur l'apparition, mais les flèches ne firent que retomber à terre sur les assaillants. Encore plus paniqués, les Turcs prirent la fuite, se piétinant les uns les autres dans leur débâcle. Les défenseurs se précipitèrent hors du monastère pour faire des prisonniers de l'armée en déroute. Ces prisonniers connurent plus tard la liberté des enfants de Dieu en Christ, et beaucoup demeurent à Pochaïev et se firent moines.

L'icône ci-dessus est une copie de la Pochaev Icône. La frontière de nuages représentent la vision de la Toute Pure avec l'Enfant-Dieu, Notre Sauveur. On voit en dessous l'empreinte du pied de la Mère de Dieu sur laquelle le monastère (également représenté) fut fondé.



The original Pochaev Icon

Icône originale de Pochaïev


En 1721 Le monastère fut occupé par les uniates. Cependant, au cours de cette période difficile, la chronique du monastère répertorie 539 miracles de l'icône miraculeuse. Ainsi pendant l'occupation uniate dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, le comte uniate Nicolas Pototski devint un bienfaiteur de la Laure de Potchaïev à la suite d'un grand miracle. 

Ayant accusé son cocher d'avoir renversé le chariot avec ses chevaux , le comte sorti un pistolet pour lui tirer dessus. Le cocher, se tourna alors vers la colline de Potchaïev, éleva ses mains vers le ciel et s'écria: "Mère de Dieu, qui se manifeste dans l'icône de Potchaïev, sauve-moi!" 

Pototski essaya à plusieurs reprises de tirer avec son arme, qui ne lui avait jamais fait défaut, mais l'arme ne fonctionna pas. Le cocher resta vivant et remercia la Toute Sainte. Alors, Pototski se rendit d'emblée vers l'icône miraculeuse et décida de lui-même de se consacrer et de consacrer tous ses biens au monastère. Grâce à sa générosité,  fut construite la cathédrale de la Dormition et des bâtiments pour les moines.

 Le retour de Pochaev dans le giron de l'orthodoxie en 1832 fut marqué par la guérison miraculeuse d'une jeune fille aveugle. A la suite du miracle de la guérison de sa cécité de cette jeune aveugle du nom d'Anne Akimtchoukova, Innocent, archevêque de Volhynie et archimandrite de la Laure de Potchaïev (1832-1840), établit le samedi la règle de lecture de l'acathiste devant l'icône thaumaturge.

Sous l'higouménat d'Agathange (1866-1876), une chapelle séparée fut construite dans les galeries de l'église de la Sainte Trinité pour commémorer cette victoire du 23 juillet/5 août.

Cette icône accomplit beaucoup d'autres miracles, et elle est toujours reconnue comme icône miraculeuse jusques à ce jour. A la date du 23 juillet/5 août, est commémoré le  miracle de la délivrance du monastère de l'assaut des turcs.

Le 8/21 septembre est fêté sa translation au Monastère de Pochaïev. 

L'icône est aussi fêtée le Vendredi de la Semaine Lumineuse.


Tropaire de l'icône au Ton 5

Ô Souveraine, à ceux qui prient devant Ta sainte icône,
est accordé de recevoir la guérison et la connaissance de la vraie foi,
Et ils repoussent les attaques de la horde musulmane.
C'est pourquoi nous te prions de demander 
Pour nous qui nous inclinons devant toi,
 la rémission des péchés.
Illumine nos coeurs par des pensées de piété,
Et élève une prière vers ton Fils pour qu'Il sauve nos âmes.

Version française Claude Lopez-Ginisty


[*] C'est ainsi que les musulmans nomment toute terre qui n'est pas encore musulmane!

23 juillet/ 5 août: Icône de la Mère de Dieu de Tinos (de l'Annonciation)



L'histoire de cette icône commence au siècle dernier par des révélations. Ioannis Kiouzi, simple paysan très pieux, depuis  son enfance avait entendu les anciens raconter une tradition selon laquelle dans un lieu appelé "Sité", situé dans le champ d'un certain Doxara, il y avait autrefois une principauté avec une grande princesse et que cette princesse ferait à nouveau revivre sa principauté. Mais pour la plupart des gens, c'était une légende sans signification. 

Ensuite un certain Michaël Polyzoï, originaire d'Andros, mais installé à Tinos, un homme comme lui, simple, humble et très pieux eut un rêve. En février 1821, à l'âge de 80 ans, il vit en songe une dame d'une grande magnificence qui lui dit avec douceur et grâce : «Vas dans  mon champ, dans le champ d'Antoine Doxara, là tu pourras creuser et trouver la sainte icône». 

Le vieillard se réveilla et le rêve restait clairement imprégné dans son esprit. Un peu hésitant, mais à cause de la force de ce rêve, il décida d'en parler à certains de ses amis qui furent d'accord pour l'aider. Il semble qu'il ait cherché tout une nuit dans différents endroits du champs et que beaucoup l'aient aidé, mais la recherche fut vaine. Il trouva seulement quelques tuiles. Tout le monde désespérait de trouver quoi que ce soit, mais Michel Polizoï continuait à croire à cause de la force de son rêve et, avec son prêtre André  Sofianou, il alla voir le métropolite Gabriel et lui raconta son rêve. Mais le métropolite ne pouvait rien décider à ce moment. Un peu plus tard, de nouveaux événements vinrent confirmer les précédents.

Dans le célèbre monastère de la Mère de Dieu des Saints Anges, le monastère de Kehrovouniou, le 9 juillet 1822, juste avant les matines du dimanche, avant même les cloches, la sainte moniale Pélagie eut un rêve dans son sommeil : elle ressentit tout-à-coup un parfum très fort qui emplit tout son être. 

La porte de sa cellule soudain s'ouvrit et une dame d'une allure imposante, entourée d'une grande lumière, entra, s'approcha de son lit et lui dit : « Lève-toi rapidement et va trouver un homme qui s'appelle Stamatello Calgani et dis-lui de ma part que je ne peux plus supporter l'endroit où je suis depuis tant d'années; il faut qu'on découvre ma maison, qui est enterrée dans le champ d'Antoine Doxara et que cet homme fasse lui-même ce qu'il faut pour qu'elle devienne à nouveau une grande maison. S'il n'obéit pas, une épée divine viendra vous détruire tous». Après ces paroles, la femme toute brillante devint invisible. La moniale Pélagie se leva toute tremblante au moment où les cloches sonnaient pour les matines. Elle ne voulut pas révéler son rêve, elle avait peur que ce ne soit une illusion et une semaine entière passa ainsi. 

Exactement une semaine après, la nuit du samedi au dimanche 16 juillet, la même dame entourée de lumière apparut de nouveau à la moniale très émue et lui exprima de nouveau son désir de façon très pressante. Mais de nouveau la moniale Pélagie resta sans décision. Que dire ? Comment les gens écouteraient cela ? Et si ce rêve n'était pas vraiment de Dieu? C'était ces pensées qui la tourmentaient et qui la faisaient hésiter à parler.

Le troisième dimanche, le 23 juillet, avant les matines, la dame inconnue lui apparut, très irritée cette fois-là, et lui dit d'un ton très sévère : « Pourquoi n'as-tu pas exécuté mon commandement, pourquoi es-tu comme cela dans le doute, pourquoi n'as-tu pas de foi ? » Pendant ces paroles, le moniale Pélagie tremblait et elle se réveilla dans cette peur. Mais même réveillée, elle continuait à voir cette dame de grande allure qui tout d'un coup souleva sa main et dit : « Ecoute-moi, pour la dernière fois, Pélagie : si tu ne fais pas ce que je t'ai ordonné, j'effacerai ton nom du Livre de Vie». La moniale voyait et écoutait avec une grande frayeur. Elle eut simplement l'audace de demander : « Mais qui es-tu qui m'ordonnes ces choses et qui es tellement courroucée par ma désobéissance ? » A cet instant la dame inconnue retrouva toute sa paix et sa grâce, resplendit d'une façon extraordinaire dans son visage et, montrant du doigt tout le monde, dit avec une grande douceur : «Terre, annonce la grande joie »  La moniale Pélagie comprit tout de suite et, tombant à genoux, elle eut juste la force de continuer l'hymne de l'Annonciation (refrain de la neuvième ode) : « Chantez, les cieux, la gloire de Dieu ! » C'était la "Pleine de Grâce", c'était la Mère de la Vie, la Mère de Dieu qui tout de suite disparut alors que l'humble cellule de la moniale continuait d'être emplie de lumière et d'un parfum céleste.

Elle révéla donc sa vision à son higoumène après la Liturgie, ensuite au sacristain, celui qui s'occupait du couvent ; lui-même, ne voulant ni croire ni dénier les paroles de la moniale, l'envoya au métropolite Gabriel afin  qu'il puisse examiner de façon plus spirituelle la question. 

L'évêque de Tinos, ayant déjà deux indications, celles de Kiouzi et celle de Polizoï, entendit la vision de la moniale Pélagie avec un profond intérêt et une grande émotion : il était bien évident qu'elle était d'origine divine et attestait de manière indubitable l'existence d'une icône sacrée dans la champs de Doxara. Il en était maintenant certain : il y a longtemps, une église dédiée à la Mère de Dieu a dû exister en cet endroit. Il décida alors, avec une foi inébranlable, de faire tout ce qui était possible pour aider à la découverte de l'ancienne église et de l'icône et d'aider à la construction d'une nouvelle église, comme l'avait demandé la Mère de Dieu. Il fit sonner les cloches de l'église des Saints Anges et, en présence de tout le clergé, du maire et de tous les notables, il fit un sermon et appela tout le peuple de Tinos à reconnaître ce miracle et à aider à la découverte de l'icône.

Tous furent pris d'un grand enthousiasme et l'évêque, aidé des notables de l'île, commença le travail. Il fallait d'abord commencer les fouilles et pour cela il fallait l'autorisation du propriétaire du champ, Antoine Doxara qui était à cette époque-là à Constantinople. On demanda donc à sa femme qui refusa de façon catégorique car, disait-elle, elle n'avait pas reçu pouvoir pour cela de son mai et il était donc impossible de détruire les cultures qui étaient faites dans ce champ. L'évêque et les fidèles étaient très affligés car ils ne pouvaient rien faire sans autorisation. Que faire ? C'est  la Mère de Dieu elle-même qui répondit à leur demande. 

Quelques heures après dans son sommeil, la femme de Doxara vit un homme portant la fustanelle et qui la menaçait de façon terrible en lui disant de donner l'autorisation pour les fouilles. Le rêve était tellement terrifiant, qu'elle chercha a ouvrir la porte sur la route et à sortir et, par erreur, dans son trouble, ouvrit la porte de l'armoire dans laquelle elle entra et où on la trouva le lendemain évanouie, dans un état terrible. C'est pourquoi, en revenant à elle,  elle se dépêcha de faire dire au métropolite Gabriel qu'il pouvait faire librement tout ce qu'il voulait pour le commencement des travaux. Elle ajouta que si on y trouvait effectivement la sainte icône recherchée, elle ferait cadeau de son champs pour qu'on puisse y construire l'église. 

Donc les fouilles commencèrent en septembre 1822  et continuèrent pendant deux mois sans discontinuer; on trouva les ruines d'une ancienne construction qui donnait l'impression qu'il s'agissait d'une église; on trouva également un puits asséché. Mais nulle part on ne trouva l'icône; entre-temps l'argent qui avait été réuni était dépensé et le découragement s'abattit sur les habitants de Tinos,  leur zèle s'évanouit et bientôt, on s'arrêta sans autre espoir.

Après cet abandon, la Mère de Dieu permit une terrible maladie, la peste, qui fit périr beaucoup de gens à Tinos. De nouveau la moniale Pélagie eut une vision, qu'elle raconta rapidement au métropolite. La mère de Dieu disait : « Si les habitants de Tinos continuent à être indifférents et ne construisent pas mon église, de grands maux s'abattront sur votre île.» De plus, la femme et la sœur de ce Stamatello Calgani, dont la Mère de Dieu avait dit qu'il devait prendre en main la construction, tombèrent elles-aussi très malades et, très effrayés, ils allèrent trouver Mgr Gabriel et lui demandèrent de l'aider à reprendre les travaux. 

Et effectivement, le métropolite Gabriel publia une encyclique le 5 novembre 1822 où il rappelait aux habitants de Tinos les ordres de la Mère de Dieu et leur demandait d'aider à reprendre les travaux. Les habitants de Tinos qui étaient éprouvés par la terrible épidémie, répondirent à cet appel du métropolite Gabriel et fondèrent une association pour la construction de l'église. On décida que le 1er janvier 1823 aurait lieu l'office pour la fondation de la nouvelle église et donc, ce jour-là, Mgr Gabriel, entouré d'un grand nombre de prêtres et d'une foule de fidèles, allait commencer la célébration de l'office quand on s'aperçut que personne n'avait pensé à apporter de la ville de Tinos l'eau nécessaire pour la bénédiction. On envoya donc quelqu'un chercher de l'eau et tous attendaient son retour lorsque, soudain, on entendit la voix d'un enfant qui criait, très étonné, car un puits complètement à sec que l'on avait trouvé depuis longtemps s'était soudainement rempli d'eau jusqu'à ras-bord. Tout le monde comprit le caractère miraculeux de cet événement et, glorifiant Dieu, on décida de faire tout de suite la dédicace de l'église à la Mère de Dieu de la Source-Vivifiante en raison du miracle.

La construction de l'église continua de même que les recherches de l'icône. Et le 30 janvier 1823, un ouvrier nommé Vlassi frappa de sa pioche quelque chose qu'il fendit en deux. C'était l'icône. Après l'avoir nettoyée et réunie, on s'aperçut que c'était une icône de l'Annonciation de la Mère de Dieu, ce que la Souveraine des Anges avait annoncé à la moniale Pélagie en lui disant le début de l'hymne : « Annonce, terre, la grande joie ».  C'est déjà en soi un miracle que cette icône n'ait pas été détruite et qu'elle soit restée pendant près de huit cent cinquante ans sous terre après l'incendie et la ruine de l'ancienne église. Aussitôt la nouvelle se répandit dans tout Tinos; les cloches sonnaient partout et les gens pleurant, tout émus, se réunirent au champ de Doxara où le métropolite Gabriel, à genoux et en larmes, embrassait sans cesse l'icône et chantait avec les fidèles l'hymne de l'Annonciation. A la suite de la découverte, l'association décida d'édifier une église beaucoup plus grande et magnifique dédiée donc à l'Annonciation de la Mère de Dieu et à l'icône, construite au-dessus de celle de la Mère de Dieu de la Source-Vivifiante qui est appelée aussi "église de la Découverte".

La façon dont cette église a pu être construite a été l'occasion de nombreux miracles, où la Mère de Dieu a montré à quel point elle se souciait de la réalisation de cette église. Voici un exemple : un bateau, sous pavillon anglais, d'un certain monsieur Tax, se trouvait près de Tinos; tout à coup une violente tempête se souleva et le bateau était sur le point d'être détruit; alors le capitaine regardant vers l'église de la Mère de Dieu qui était en train de se construire, lui demanda de l'aider à se sauver avec son navire et fit le vœux de lui donner pour son église une somme importante. Dès qu'il eut prononcé ce vœux, le miracle eut lieu et les gens du bateau comme ceux sur le côte de Tinos purent voir que la mer continuait à se déchaîner aux environs, mais qu'autour du navire c'était le calme plat. Ainsi le bateau ne fut pas endommagé. Le lendemain, quand la tempête s'apaisa, il put gagner le rivage et donna comme il l'avait promis l'argent pour la construction de l'église.

L'église fut finalement construite entre 1824 et 1830, ce qui constitue un très court délai, vu sa taille. En 1842, l'icône fut dérobée par un voleur, qui voulait prendre les différents objets de valeur mis par les gens sur l'icône. Mais l'icône fut retrouvée, le voleur fut arrêté car tous les habitants de Tinos s'étaient mis à sa recherche, on avait arrêté tous les bateaux qui sortaient de Tinos et ainsi on retrouva le voleur qui finalement montra où il avait caché l'icône. 

On fête aussi la date de cette redécouverte de l'icône volée. Les différentes dates où l'on fête cette icône sont le 30 janvier, jour de sa découverte dans le sol, le 25 mars pour la fête de l'Annonciation, le 23 juillet pour commémorer l'apparition de la Mère de Dieu à la moniale Pélagie : la tradition est d'apporter ce jour-là au matin l'icône au monastère de Kehrovouniou, d'y célébrer la sainte Liturgie et d'y laisser l'icône à la vénération des fidèles avant de la ramener très solennellement en grande pompe, le soir dans l'église de l'Annonciation. On la fête de nouveau le 15 août pour la célébration de la Dormition de la Mère de Dieu : c'est le moment où il y a le plus de pèlerins, venus de par le monde entier. La fête de l'icône au 15 août a été ordonnée en 1837 par un édit royal. On fait également ce jour un office de commémoration spécial pour ceux qui sont morts sur le grand navire de guerre de la flotte grecque Elli, qui a été coulé traîtreusement par un sous-marin italien le jour de la fête, le 15 août 1940, alors qu'il était mouillé avec tous les pavillons de fête devant Tinos. Enfin depuis 1907 on fête le 23 août, clôture de la fête de la Dormition.

A travers son icône à Tinos, la Mère de Dieu a accompli un nombre extraordinaire de miracles, ce qui a fait de ce sanctuaire un des lieux de pèlerinage les plus connus de toute la Grèce. On y dénombre une foule de miracles, en particulier pour ceux qui sont en mer. Par exemple, c'est un navire pris dans une effroyable tempête et jeté sur un écueil qui l'avait percé d'un trou dans la coque : l'eau remplissait le bateau et les pompes ne suffisaient pas à évacuer l'eau à mesure qu'elle entrait; alors dans leur angoisse, le capitaine et les autres marins mirent tout leur espoir dans la Mère de Dieu et ils prièrent tous ensemble avec beaucoup de ferveur. Et le miracle eut lieu : tout à coup l'irruption de l'eau à l'intérieur du navire par le trou s'interrompit, alors que la tempête continuait. Les marins réussirent à vider l'eau et purent continuer leur traversée. Quand ils arrivèrent à un port espagnol et donnèrent le bateau à réparer, ils s'aperçurent que dans le trou de la coque s'était coincé un gros poisson de l'espèce des requins. Ils étaient tellement bouleversés par ce miracle extraordinaire qu'ils apportèrent à la Mère de Dieu dans son église de Tinos une copie en argent de leur bateau avec le poisson coincé dans le trou de la coque, que chacun peut voir aujourd'hui comme ex-voto. 

Un autre exemple des miracles advenus, c'est celui d'un aveugle qui depuis des années supportait sans murmure son infirmité, et un jour pria avec beaucoup de ferveur la Mère de Dieu, la Pleine de grâce de Tinos, en lui disant que la première chose qu'il verrait devant lui si elle lui ouvrait les yeux, il en ferait cadeau à son église. Et le miracle eut lieu, la première chose que rencontrèrent ses yeux, ce fut un oranger et il offrit à la Mère de Dieu une reproduction de l'oranger en argent.

D'un point de vue historique, le fait que l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu a été découverte au moment de la guerre de libération de la Grèce a été considéré dès le départ par les Grecs comme une grâce particulière et une protection du "stratège invincible" qu'est la Mère de Dieu. Et effectivement pendant les différentes batailles, les deux guerres mondiales, ils ont eu très souvent l'occasion de voir l'aide de de la Mère de Dieu, parfois de façon visible, par des apparitions.

Source:
LA VOIE ORTHODOXE 


Cette icône est aussi fêtée aux dates suivantes: 30 janvier/ 12 février; 25 mars/7 avril; 15/28 août. 

jeudi 2 août 2018

20 juillet/2 août Icône de la Mère de Dieu Galitchskaya [Галичская (Чухломская)]



L'icône apparut en 1350 à saint Abraham de Galitch, et de Tchoukhlom qui vint dans le Nord, avec la bénédiction de saint Serge de Radonège pour s'adonner à l'ascèse spirituelle. Sur la rive déserte du lac de Galitch, près d'une grande montagne couverte de forêts denses, il adressa une prière à la Mère de Dieu, lui demandant qu'elle bénisse son ascèse.

Après la prière, le moine s'assis pour se reposer, et il vit soudainement sur une montagne voisine une lumière et il entendit une voix: "Abraham, Lève-toi et va dans la montagne, où est l'icône de Ma Mère." 

Le Moine gravit la montagne, alla à l'endroit où la lumière brillait, et vraiment il trouva un arbre avec une icône de la Mère de Dieu avec l'Enfant Eternel. Prenant la sainte icône, l'ascète construisit sur le site une chapelle pour y mettre l'icône.

Après un certain temps le prince Dimitri Féodorovitch de Galitch apprit ce qui était arrivé, il demanda au vieil homme de lui apporter l'icône. Père Abraham traversa le lac en bateau jusqu'à Galitch, où, suivi par le clergé et un grand nombre de personnes, l'icône miraculeuse fut amenée dans l'église cathédrale de la ville de Galitch. Ce jour-là, l'icône guérit beaucoup de malades.

Lorsque Père Abraham eut raconté au prince les détails de l'apparition de l'icône, celui-ci fit don de l'argent pour construire un monastère. Bientôt une église fut érigée, autour de laquelle s'établit un monastère.

Par la suite, le moine Abraham fonda plusieurs monastères. Le dernier était basé près de la ville de Tchoukhloma. Le nom du monastère est devenu connu sous le nom de monastère de Tchoukhlom, tandis que l'icône miraculeuse de Galitch, vit ajouter à son appellation, le terme de Tchoukhlomskaya (id est de Tchoukhlom).

En 1929, après la Révolution, le monastère fut fermé, les moines furent martyrisés. L'icône miraculeuse de Galitch disparut ainsi. 

En 1991, après le transfert de l'ensemble du monastère au diocèse de Kostroma, on assista à la renaissance du monastère. Dans ce monastère, on vénère surtout une copie de de l'ancienne icône de la Mère de Dieu de Galitch-Tchoukhlom.

Elle est fêtée le 28 mai/10 juin, le 20 juillet/2 août, et le 15/28 août.

Version française Claude Lopez-Ginisty

20 juillet/2 août: Icône de la Mère de Dieu du Signe Abalaka ["ЗНАМЕНИЕ АБАЛАЦКАЯ" ]




L'icône de la Mère de Dieu "Du Signe/Abalaka" a été peinte par Matthieu, protodiacre de la cathédrale de Tobolsk, en l'honneur de la Sophia (la Sagesse de Dieu, id est le Christ), en accomplissement du vœu par un paysan paralytique Euthyme de reconstruire l'église du monastère de la Mère de Dieu du Signe Abalaka. 

Cette église fut construite en 1637 après que la Mère de Dieu, accompagnée de saint Nicolas et de sainte Marie d'Egypte, apparut à la  pieuse veuve Marie. Après que l'icône "du Signe" ait été peinte, le paralytique Euthyme fut complètement guéri. Beaucoup de guérisons eurent lieu pendant le transfert solennel de l'icône dans l'église d'Abalaka.

En apparence générale, l'icône Abalaka ressemble à l'Icône du Signe de Novgorod, mais avec cette différence: sur l'icône Abalaka, saint Nicolas et sainte Marie d'Egypte se tiennent devant la Très Sainte Mère de Dieu. Saint Basile de Mangazeya (fêté le 23 Mars) est quelquefois également représenté sur cette icône. De nombreuses copies miraculeuses de l'icône Abalaka sont vénérées dans toute la Sibérie.

Devant l'icône de la Mère de Dieu du Signe/Abalaka, on prie pour les infirmités et la paralysie, pour la guérison des maladies des yeux et pour la cécité.

L'icône du Signe/Abalaka est également commémorée le 27 novembre/10 décembre.

Version française Claude Lopez-Ginisty

20 juillet/2 août: Icône de la Mère de Dieu Galitchskaya [Галичская (Чухломская)]



L'icône apparut en 1350 à saint Abraham de Galitch, et de Tchoukhlom qui vint dans le Nord, avec la bénédiction de saint Serge de Radonège pour s'adonner à l'ascèse spirituelle. Sur la rive déserte du lac de Galitch, près d'une grande montagne couverte de forêts denses, il adressa une prière à la Mère de Dieu, lui demandant qu'elle bénisse son ascèse.

Après la prière, le moine s'assis pour se reposer, et il vit soudainement sur une montagne voisine une lumière et il entendit une voix: "Abraham, Lève-toi et va dans la montagne, où est l'icône de Ma Mère." 

Le moine gravit la montagne, alla à l'endroit où la lumière brillait, et là, il trouva un arbre avec une icône de la Mère de Dieu tenant en ses bras l'Enfant Eternel. Prenant la sainte image, l'ascète construisit sur le site une chapelle pour y mettre l'icône.

Après un certain temps le prince Dimitri Féodorovitch de Galitch apprit ce qui était arrivé, il demanda au vieil homme de lui apporter l'icône. Père Abraham traversa le lac en bateau jusqu'à Galitch, où, suivi par le clergé et un grand nombre de personnes, l'icône miraculeuse fut amenée dans l'église cathédrale de la ville de Galitch. Ce jour-là, l'icône guérit beaucoup de malades.

Lorsque Père Abraham eut raconté au prince les détails de l'apparition de l'icône, celui-ci fit don de l'argent nécessaire pour construire un monastère. Bientôt une église fut érigée, autour de laquelle s'établit ce monastère.

Par la suite, le moine Abraham fonda plusieurs monastères. Le dernier était basé près de la ville de Tchoukhloma. Le nom du monastère est devenu connu sous le nom de monastère de Tchoukhlom, tandis que l'icône miraculeuse de Galitch, vit ajouter à son appellation, le terme de Tchoukhlomskaya (id est de Tchoukhlom).

En 1929, après la Révolution, le monastère fut fermé, les moines furent martyrisés. L'icône miraculeuse de Galitch disparut ainsi. 

En 1991, après le transfert de l'ensemble du monastère au diocèse de Kostroma, on assista à la renaissance du monastère. Dans ce monastère, on vénère surtout une copie de de l'ancienne icône de la Mère de Dieu de Galitch-Tchoukhlom.

Elle est fêtée le 28 mai/10 juin, et le 15/28 août.

Version française Claude Lopez-Ginisty

mardi 31 juillet 2018

Prochaine icône: 20 juillet/2 août: Icône de la Mère de Dieu Galitchskaya [Галичская (Чухломская)]

18/31 juillet: Icône de la Mère de Dieu de Kalouga [КАЛУЖСКАЯ]




L'icône de la Mère de Dieu de Kalouga est apparue en 1748 dans le village de Tinkova, près de Kalouga, dans la maison du propriétaire Basile Kondratevich Khitrov. Deux serviteurs de Khitrov nettoyaient le grenier de sa maison. L'une d'elle, Eudocie, connue pour son mauvais caractère, était coutumière d'un langage grossier et même indécent. Sa compagne était modeste et sérieuse.

Elles découvrirent un gros paquet recouvert d'une toile de lin. L'ouvrant, la jeune fille vit l'image d'une femme en vêtements sombres avec un livre dans ses mains. Considérant que c'était le portrait d'une moniale et voulant faire revenir Eudocie à ses sens, elle l'accusa d'être irrespectueuse envers "l'higoumène".

Eudocie se gaussa des paroles de reproche de sa compagne, et de plus en plus en colère, elle cracha sur l'icône. Immédiatement, elle fut saisie de convulsions et tomba sans connaissance. Elle devint aussi aveugle et muette. Sa compagne apeurée, rapporta ce qui était arrivé à la maison.

La nuit suivante, la Reine du Ciel apparut aux parents d'Eudocie et leur dit que leur fille avait agi avec impertinence envers elle et elle leur ordonné de servir un Molieben devant l'icône insultée, puis de bénir la malade avec de l'eau bénite au Molieben.

Après le Molieben, Eudocie récupéra, et prit l'icône miraculeuse de Khitrov dans sa propre maison, où celle-ci accorda la guérison à ceux qui l'approchaient avec foi. Plus tard, l'icône fut placée dans le temple de la paroisse de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu dans le village de Kalouga. À l'heure actuelle, elle se trouve dans l'église cathédrale de Kalouga.

Par cette icône, la Mère de Dieu a maintes fois manifesté sa protection à la terre russe pendant les périodes difficiles. La célébration de l'icône de Kalouga le 2 septembre a été créée en souvenir de la délivrance de la peste en 1771. Un deuxième célébration est établie le 12 octobre, en mémoire de la préservation de Kalouga de l'invasion française de 1812. En 1898, une célébration fut établie le 18 juillet pour remercier la Mère de Dieu pour sa protection contre le choléra. L'icône est également commémorée le premier dimanche du Carême des Apôtres.

Version française Claude Lopez-Ginisty