mercredi 22 mars 2017

9 mars/22 mars: Icône de la Mère de Dieu "Le Verbe fut fait chair", d'Albazine, du Signe ["СЛОВО ПЛОТЬ БЫСТЬ" АЛБАЗИНСКАЯ ("ЗНАМЕНИЕ")



L’icône Albazine de la Mère de Dieu "le Verbe s’est fait chair" (également icône du Signe) représente le Christ enfant, debout dans une mandorle devant le sein de Sa mère. Son nom vient de la forteresse russe d’Albazine (à présent village d’Albazino) le long du fleuve Amour, établissement fondé en 1650 par le célèbre ataman russe des frontières Hiérothée Khabarov, sur le site d'une colonie du Prince Albaza.

Cette présence de la forteresse d’Albazine sur l’Amour devint objet de haine pour l'empereur chinois et ses généraux, qui rêvaient déjà d'étendre leur influence sur l'ensemble de la Sibérie russe.

Le 24 mars 1652, veille de la fête de l’Annonciation, le premier affrontement militaire des Russes avec les Chinois se produisit sur l'Amour. Par les prières de la Très Sainte Mère de Dieu les païens furent dispersés et s’enfuirent pour regagner leur propre territoire. Cette victoire paraissait être un bon présage pour les Russes, mais cette guerre n’en était qu’à ses débuts. Beaucoup de fils de la Sainte Russie moururent dans cette lutte, et pour le triomphe de l'Orthodoxie en Extrême-Orient.

En Juin 1658 un détachement militaire d’Albazine, avec 270 Cosaques commandés par Onuphre Stepanov, tomba dans une embuscade et malgré un combat héroïque ils furent complètement anéantis par les Chinois.

L'ennemi brûla Albazine, passa en terre russe, et emmena la population locale en Chine. Ils voulaient que les terres fertiles  cultivées par les russes soient de nouveau un désert.

Pendant ces années difficiles la Toute Sainte Mère de Dieu montra des signes de Sa miséricorde sur la terre de l'Amour. En 1665, quand les Russes revinrent reconstruire Albazine. Un prêtre, le staretz Hermogène du monastère de la Sainte Trinité de  Kirensk était avec eux. Il avait avec lui une icône miraculeuse de la Mère de Dieu "le Verbe fait chair", appelée depuis icône d’Albazine.

En 1671, le saint staretz construisit un petit monastère à la marque limite de la pierre Brusyan (à un kilomètre et demi d’Albazine près de l'Amour), où l'icône sainte demeura ensuite.

Albazine a été construit. Des prêtres officiaient dans deux églises de la ville, celle de l'Ascension du Seigneur et celle de Saint Nicolas le Thaumaturge. Non loin de la ville (le long de l'Amour), un autre monastère (le Monastère Spassky) fut construit. Le sol fertile produisait du pain pour la Sibérie orientale. La population locale s’adapta à la culture orthodoxe russe, et entra pacifiquement dans l'Etat russe multinational, et fut protégé par la Russie des raids et du pillage des seigneurs de guerre féodaux chinois.

Moscou renforça les défenses militaires de la région. En 1682, le gouvernement militaire provincial d’Albazine fut formé. La nourriture spirituelle des peuples de la région de l'Amour ne fut pas oubliée. En 1681, un concile local de l'Eglise russe adopta une résolution pour envoyer "des archimandrites, des higoumènes, et des prêtres pour éclairer les incroyants avec la loi de Christ." Les peuples des dauriens et des toungoutes acceptèrent ensemble le baptême orthodoxe, de même que le prince daurien Hantimour (baptisé Pierre) et de son fils aîné Katana (baptisé Paul).

Les serviteurs de l'empereur chinois se préparèrent pour une nouvelle attaque. Le 10 juillet, 1685, après plusieurs incursions infructueuses, ils marchèrent contre Albazine avec une armée de 15.000 hommes et ils encerclèrent la forteresse dans laquelle se trouvaient 450 soldats russes et trois canons. Le premier assaut fut repoussé. Les Chinois entassèrent alors du bois de tous les côtés contre les murs en bois de la forteresse, puis y mirent le feu. La résistance s’avéra impossible. Emportant les choses saintes, parmi lesquelles se trouvait l'icône miraculeuse d’Albazine, les soldats abandonnèrent la forteresse.

La Mère de Dieu ne cessa point son intercession pour sa ville choisie. Des éclaireurs rapportèrent que les Chinois commencèrent soudain à se retirer d’Albazine, ignorant l'ordre de l'empereur chinois de détruire les cultures dans les champs russes. L'intervention miraculeuse de la Céleste Protectrice, non seulement repoussa l'ennemi du territoire russe, mais préserva aussi le grain qui nourrit la ville pendant les mois d'hiver. Le 20 août 1685, les Russes étaient de nouveau à Albazine.

Une année passa, et la forteresse fut de nouveau assiégée par les Chinois. Il  fallut se défendre pendant cinq mois. Trois fois, en juillet, en septembre et en octobre, les forces de l'empereur chinois donnèrent l’assaut sur les fortifications en bois. Une grêle de flèches de feu et de boulets chauffés à blanc tomba sur la ville. On ne voyait ni la ville ni ses défenseurs, tant il y avait de fumée et de feu. Et les trois fois, la Mère de Dieu défendit les habitants d’Albazine de leur féroce ennemi. Jusqu'en décembre 1686, où les Chinois levèrent le siège, des 826 défenseurs de la ville seulement 150 hommes restèrent en vie.

Ces forces étaient insuffisantes pour continuer la guerre contre l'empereur chinois. En août 1690 les dernier cosaques partirent d’Albazine sous le commandement de Basile Smirenikov. Ni la forteresse, ni ses choses saintes, ne tombèrent entre les mains de l'ennemi. Les fortifications furent rasées et nivelées par les Cosaques, et l’icône de la Mère de Dieu d'Albazine fut emportée à Sretensk, ville sur la rivière Chilka, qui se jette dans le fleuve Amour.

Mais même après la destruction d’Albazine, Dieu destina ses habitants à rendre un autre service pour le bien de l'Eglise. Par la Providence divine, la fin de la campagne militaire contribua à l'augmentation de l'influence de la grâce de l'Orthodoxie sur les peuples de l'Extrême-Orient. Pendant les années de guerre, une société d'environ une centaine de cosaques et de paysans russes d’Albazine et de ses environs furent faits prisonniers et envoyés à Pékin.

L'empereur chinois donna même des ordres pour que l’on donne l'un des temples bouddhistes de la capitale chinoise pour en faire une église orthodoxe dédiée à la Sophia, la Sagesse de Dieu [id est au Christ]. En 1695, le Métropolite Ignace de Tobolsk envoya un antimension, du chrême, des livres liturgiques, et des vases sacrés  à l'église de Sainte Sophia. Dans une lettre au prêtre captif Maxime, "prédicateur de l'Évangile pour l'Empire chinois," le Métropolite Ignace écrivit: "Ne sois pas troublé, ni troublé en ton âme pour toi et les captifs avec toi, car qui est capable de s’opposer à la volonté de Dieu? Votre captivité n’est pas sans effet pour le peuple chinois, afin que vous puissiez leur révéler la lumière de la foi orthodoxe du Christ. "

La prédication de l'Evangile dans l'Empire chinois porta rapidement ses fruits et entraîna les premiers baptêmes de chinois. L'Église russe s’occupa avec zèle du nouveau troupeau. En 1715, le métropolite de Tobolsk, saint Philothée "l'Apôtre de Sibérie" (+ 31 mai 1727), écrivit une lettre au clergé et aux fidèles de Pékin vivant sous le mission spirituelle de Pékin, qui poursuivaient l’œuvre chrétienne pour éclairer les païens.

Les années passèrent, et la nouvelle époque connut la délivrance russe de l'Amour. Le 1er août 1850, lors de la procession du bois précieux de la Croix vivifiante, le capitaine G.I. Nevelsky releva le drapeau russe de Saint André à l'embouchure du fleuve Amour et fonda la ville de Nikolaevsk-sur-l’Amour. Grâce aux efforts du gouverneur général de Sibérie orientale, N.N. Mouraviev-Amoursky (+ 1881), et de saint Innocent, archevêque du Kamtchatka (fêté le 31 mars/13 avril), et grâce à la nourriture spirituelle prodiguée dans les régions de l'Amour et aux régions côtières, pendant plusieurs années, des villes et des villages russes, et des établissements cosaques furent construits sur la rive gauche de l'Amour.

Chaque année vit des progrès importants dans le développement du territoire libéré, dans le développement de ses lumières et du bien-être chrétien. En 1857 sur la rive de l'Amour quinze villages et colonies furent été établis (Albazine sur le site de l'ancienne forteresse et Innokentiev, nommé en l'honneur de saint Innocent –en russe Innokent). En une seule année, en 1858, il y eut plus de trente établissements, parmi lesquels étaient trois villes: Khabarovsk, Blagoveschensk et Sophiisk.

Le 9 mai 1858, pour la fête de saint Nicolas, N.N. Mouraviev-Amoursky et l'archevêque Innocent du Kamtchatka arrivèrent dans le poste Cosaque d’Oust'-Zeisk. Saint Innocent était là pour consacrer un temple en l'honneur de l'Annonciation de la Mère de Dieu (Blagovestchenie, en slavon), le premier bâtiment de la nouvelle ville. À cause du nom du temple, la ville fut également appelée Blagoveschensk, en mémoire de la première victoire sur les Chinois pour la fête de l'Annonciation en 1652, et en mémoire de l'église de l'Annonciation d’Irkoutsk, où saint Innocent commença son propre service sacerdotal. C’est aussi un signe que "de cet endroit ont procédé les nouvelles bénies de la réintégration de la région de l'Amour comme territoire sous souveraineté russe." Les nouveaux colons en chemin vers l'Amour, voyageant à travers Sretensk, offrirent avec ferveur leurs prières à la Sainte Protectrice de la région de l'Amour devant son icône miraculeuse d’Albazine. Leurs prières furent entendues: les traités d'Aigounsk (1858) et de Pékin (1860) assurèrent de manière décisive la possession de la rive gauche de l'Amour et des régions côtières à la Russie.

En 1868, l'évêque du Kamtchatka, Benjamin Blagonravov, successeur de saint Innocent, transféra la sainte icône de Sretensk à Blagoveschensk, ramenant ainsi la célèbre icône sur le territoire de l'Amour. En 1885, une nouvelle période commença pour la vénération de l’icône de la Mère de Dieu d’Albazine et elle est associée au nom de l'évêque Gurias du Kamtchatka, qui établit une commémoration annuelle le 9 Mars et la récitation hebdomadaire d’un acathiste.

Pendant l'été 1900, au cours de la "révolte des Boxers" en Chine, les vagues de l'insurrection déferlèrent même jusques à la frontière russe. Les troupes chinoises apparurent soudain sur les rives de l'Amour devant Blagoveschensk. Pendant dix-neuf jours, l'ennemi se tint devant la ville défendue, faisant pleuvoir sur elle des tirs d'artillerie, et menaçant d’invasion la rive russe.

Les bas-fonds de l'Amour permirent un passage à l'adversaire. Dans l’église de l'Annonciation, des offices religieux furent célébrés sans discontinuer, et des acathistes lus devant l’icône miraculeuse d’Albazine. La Protection de la Mère de Dieu fut de nouveau étendue sur la ville, tout comme elle l’avait été aux temps jadis. N’osant pas traverser l'Amour, l'ennemi s’éloigna de Blagoveschensk. Selon les récits des Chinois eux-mêmes, ils virent souvent une Femme Rayonnante sur les rives de l'Amour, leur inspirant la peur et rendant leurs projectiles inefficaces.C'était la Toute Pure Génitrice de Dieu!

Pendant plus de 300 ans, l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu d’Albazine veilla sur la frontière russe de l'Amour. Les orthodoxes russes la vénèrent non seulement comme Protectrice des soldats russes, mais aussi comme sainte patronne des mères. Les croyants prient pour les mères devant l'icône pendant leur grossesse et pendant l'accouchement, "de sorte que la Mère de Dieu leur accorde une santé abondante par la source de sainteté inépuisable de son icône d’Albazine."

Version française Claude Lopez-Ginisty



mardi 21 mars 2017

8/21 mars: Icône de la Mère de Dieu du Signe, de Koursk, [ЗНАМЕНИЕ КУРСКАЯ-КОРЕННАЯ]


L'icône de la Mère de Dieu du Signe de Koursk, est une des icônes les plus anciennes de l'Eglise russe. Au XIIIème siècle, lors de l'invasion tatare, la ville de Koursk, ravagée par des hordes de Batou, tomba dans l'oubli. 

Le 8 septembre 1295, dans son voisinage, un chasseur vit, à la racine d'un arbre cette icône, face contre terre. Le chasseur la prit et la reconnut comme l'icône "Du Signe" de Novgorod [basée sur la Parole de l'Ecriture: C'est pourquoi le Seigneur Lui-même vous donnera un signe: Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel (Isaïe 7:14).]. 

Or dès que le chasseur la souleva de terre, immédiatement à l'endroit où elle se trouvait surgit avec puissance une source d'eau pure. Lorsque ceci advint, le chasseur n'osa pas laisser l'icône dans les bois et il construisit donc sur le site même une petite chapelle en bois, où il mit la nouvelle icône de la Toute Pure. Cela devint bientôt connu des habitants de la ville de Rylsk, située à proximité, et ils commencèrent à visiter le lieu, sanctuaire de ce miracle.


L'icône fut déplacée à Rylsk et mise dans la nouvelle église de la Nativité de la Bienheureuse Mère du Seigneur. Mais l'icône n'y demeura que pendant une courte période, car elle disparut miraculeusement et retourna à son emplacement d'origine.

Les résidents de Rylsk la reprirent à plusieurs reprises et la rapportèrent à la ville, mais l'icône revint encore mystérieusement à son emplacement d'origine. Alors, tous comprirent que la Toute Sainte voulait rester à l'endroit de son invention. 

Cette icône est associée à des événements importants de l'histoire de la Russie: la guerre de libération du peuple russe lors de l'invasion de Pologne-Lituanie en 1612 et la guerre de 1812. De cette icône furent faites plusieurs copies, qui sont également célèbres.

Elle est fêtée le 8/21 mars, le 11/24 juin,le 8/21 septembre et le 27 novembre/10 décembre.
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Чудотворная икона


Celle qui est représentée ci-dessus, partit avec les "russes blancs" lors de la révolution athée de 1917, et elle reste jusques à ce jour dans l'Eglise Russe Hors Frontières où elle continue à intercéder pour les fidèles. Elle voyage aussi dans le monde pour répandre la Grâce de Dieu lors de ses déplacements.

Version française Claude Lopez-Ginisty

lundi 20 mars 2017

7/20 mars: Icône de la Mère de Dieu "Confiance des pécheurs" ["СПОРУЧНИЦА ГРЕШНЫХ"] de Robensk


Cette icône de la Très Sainte Mère de Dieu est l'une des nombreuses copies de la célèbre icône "Confiance/Assurance des pécheurs."

Elle est aussi fêtée le 29 mai/11 juin.


Version française Claude Lopez-Ginisty

7/20 mars: Icône de la Mère de Dieu "Confiance des pécheurs" ["СПОРУЧНИЦА ГРЕШНЫХ"]


Dans ce modèle, l'enfant-Dieu est représenté siégeant sur la main gauche de la Toute Sainte, qui tient les deux mains de son Fils dans sa main droite. Mère et Enfant sont couronnés.

Cette icône de la Mère de Dieu "Confiance des pécheurs" fut ainsi nommée à cause des inscriptions conservées sur l'icône: "Je suis la confiance des pécheurs, et mon Fils m'a confié le soin de les entendre, et ceux qui me donnent la joie de les entendre, recevront par moi la joie éternelle."

Cette icône, au milieu du siècle dernier, fut célèbre pour ses miracles au monastère d'hommes de Saint-Nicolas d'Odrino dans l'ancien gouvernement d'Orel. Reléguée dans l'ancienne chapelle à la porte du monastère, en raison de sa vétusté,  cette antique icône de la Toute Sainte n'était pas objet de la révérence à laquelle elle pouvait prétendre. 

Cependant, en 1843, de nombreux habitants la virent en rêve, et l'on découvrit sa puissance miraculeusepar la Providence de Dieu. Elle fut alors solennellement transférée dans l'église. Les croyants affluèrent pour lui demander d'alléger leurs peines et leurs maladies. Ce qu'elle fit en abondance.

Un garçon paralytique fut le premier à être guéri par l'icône thaumaturge lorsque sa mère pria avec ferveur devant elle. Elle fut surtout célèbre lors de l'épidémie de choléra, lorsque par sa sainte intercession, elle ramena à la vie de nombreux malades qui étaient condamnés à une mort certaine.

Un monastère en son honneur fut ensuite construit… Sa fête était au 7/20 mars.

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En 1848, le pieux Lieutenant-Colonel Dimitri Bontcheskoul fit faire une copie de cette icône miraculeuse et la mit dans son logis. 

Elle se mit rapidement à exsuder du myrrhon qui fit par son onction de nombreuses guérisons de maladies graves. Il donna alors cette icône thaumaturge à l'église Saint-Nicolas de Khamovniki à Moscou, où l'on construisit une chapelle en son honneur. 

Cette icône est également commémorée le 29 mai.

Version française Claude Lopez-Ginisty

dimanche 19 mars 2017

6/19 mars: Icône de la Mère de Dieu du foyer ou de Cheltoméji [Шестоковская, или Шелтомежская]




L'icône de la Mère de Dieu "du Foyer" [Tchestokovskaya en russe] ou de Tcheltoméji [Tcheltomejskaya] nom du village de la province de Tver où elle alla finalement, apparut au milieu du XVIIIe siècle à Moscou, dans la famille d'un certain Nicolas Dimitriyevitch Skripitsyne. 

Une femme de chambre, vit en rêve,une icône de la Mère de Dieu cachée dans la cheminée. Lorsqu'elle en parla, on ne prêta pas attention à son merveilleux rêve jusqu'à ce que le lendemain cette icône tombe soudain dans la cheminée. 

L'icône de la Très Sainte Mère de Dieu était assez grande (environ 2 mètres sur 1,5). Elle portait des marques visibles de brûlures. Cette précieuse icône, surnommée alors "icône du foyer" fut magnifiquement décorée et vénérée depuis lors avec un profond respect. Avant sa naissance au Ciel, le propriétaire de la maison la donna à ses enfants.

Les héritiers firent ensuite don de l'icône miraculeuse à l'église du village de Tcheltomeji dans la province de Tver, ajoutant  ainsi "Tcheltomejskaya" à son nom.

Lors de processions, de grands miracles eurent lieu par son intercession, bien au-delà du diocèse de Tver. Elle avait la réputation de guérir les malades et ceux qui étaient possédés par des esprits maléfiques.

En 1887, le monastère de l'Ascension de Tchestokhovskaya Tcheltoméjii fut fondé en l'honneur de cette icône miraculeuse.

Version française Claude Lopez-Ginisty

6/19 mars: Icône de la Mère de Dieu de Tchentokhova [ЧЕНСТОХОВСКАЯ]



L'icône miraculeuse de la Très Sainte Mère de Dieu de Tchestokhova se trouve dans un monastère catholique à Yasna Gora près de la ville de Tchestokhowa, dans la province de Petrov. Elle est considérée comme l'une des septante icônes peintes par le saint apôtre et évangéliste Luc. 

La tradition dit que l'icône a été prise de Jérusalem quand les Romains ont conquis la ville en l'an 66, et qu'elle a été cachée dans une grotte près de Pella. L'icône a été donnée à sainte Hélène en 326, quand elle a visité la Terre Sainte, et elle l'a rapportée à Constantinople.

À partir du VIIIème siècle l'icône s'est rendue à divers endroits, y compris la Galice, la Bavière et la Moravie. Le Prince Léon, qui fonda la ville de Lvov, a ramenée l'icône en Russie et l'a placée dans la forteresse de Belz. De nombreux miracles eurent lieu par son intercession devant cette sainte icône.

Le Prince Vladislav d'Opolsk acquit l'icône lorsque les Polonais ont pris la Russie du sud-ouest. Au moment où Vladislav gouvernait la Pologne, les Tatars envahirent la Russie et furent bientôt aux portes de la forteresse de Belz. Le prince ordonna alors que l'icône soit placée au-dessus des murs de la ville lorsque les Tatars commencèrent leur siège de la forteresse. Du sang  se mit à couler de l'icône là où elle fut atteinte par un projectile. Les témoins furent à la fois effrayés et émerveillés à ce spectacle. Les Tatars commencèrent à se retirer car une brume sombre les recouvrit, et beaucoup d'entre eux moururent.

Après cette délivrance miraculeuse, le prince Vladislav décida d'amener l'icône à Siesia et de la mettre dans son château d'Opolsk. Alors que les préparatifs pour le transfert étaient faits, Vladislav fut saisi d'une peur inexplicable. Il commença à prier devant la sainte icône. Et cette nuit-là, il eut une vision qui lui enjoignit d'amener l'icône à Yasna Gora près de Tchestokhova. En 1382, Vladislav y construisit un monastère, donnant alors l'icône à un ordre de moines catholiques romains.

Plusieurs années plus tard, des disciples de Jean Hus attaquèrent et pillèrent le monastère de Tchestokhova. Essayant d'emporter l'icône dans un panier, ils virent les chevaux refuser de se déplacer de l'endroit, freinés par une puissance invisible. Un des Hussites fâché, jeta l'icône à terre, tandis qu'un autre poignarda le visage de la Mère de Dieu avec son épée. Le premier fut frappé à mort, et la main du deuxième homme se recroquevilla.

Les autres envahisseurs souffrirent de la punition de Dieu: certains d'entre eux moururent sur place, tandis que d'autres devinrent aveugles. Bien que beaucoup des trésors du monastère aient été volés par les hussites, l'icône miraculeuse fut épargnée.

Le Roi Carl Gustave X de Suède occupa la majeure partie de la Pologne au XVIIe siècle, et ses forces demeurèrent pratiquement invaincues jusqu'à ce qu'elles livrent bataille près de Yasna Gora et du monastère où l'icône demeurait. 

En 1656, avec l'aide de la Très Sainte Mère de Dieu, les Polonais parvinrent à vaincre les Suédois et à mettre fin à la guerre. A Lvov, le roi Jean Casimir décréta officiellement que Mère de Dieu était la reine de Pologne, et que la nation était sous sa protection.

De nombreux miracles manifestés par cette sainte icône sont répertoriés dans un registre conservé au monastère de Tchestokhova. Des copies de l'icône existent dans de nombreux monastères orthodoxes et catholiques romains. Certaines de ces copies sont vénérées au village de Pisarevkain dans la province de Volhynie (les 29 Juin et 8 Septembre), à Verhnaya Syrovatka dans la province de Kharkov, à Tyvrov dans la province de Vinits (pour la Pentecôte), dans la cathédrale de Kazan de Saint-Pétersbourg et dans plusieurs autres lieux.

Version française Claude Lopez-Ginisty

samedi 18 mars 2017

5/18 mars: Icône de la Mère de Dieu "Enseignante" ["ВОСПИТАНИЕ"]


Sur l'icône, appelé «Enseignante," la Mère de Dieu est représentée avec l'Enfant-Dieu, assis sur sa main gauche. Elle montre le Christ, comme sur le modèle Hodighitria [qui montre le Chemin). La main droite du Christ est étendue vers le visage. montrant Sa Mère. 

Jusques en 1917, cette sainte icône était dans la cathédrale de Kazan sur la Place Rouge, mais après sa destruction elle fut perdue, elle figure sur la liste des icônes miraculeuses de la Mère de Dieu. 

Le nom de cette icône parle de lui-même. Jadis, les parents priaient pour leurs enfants, demandant à la Toute Pure de les prendre sous son voile protecteur, de leur envoyer l'Esprit et de remplir leur cœur de sagesse. 

Il reste une brève prière adressée à cette icône miraculkeuse: " Je confie entièrement mon enfant à mon Seigneur Jésus-Christ, et ta céleste et très pure protection."

Elle est fêtée le 5/18 mars.

Version française Claude Lopez-Ginisty

jeudi 16 mars 2017

3/16 mars: Icône de la Mère de Dieu de Volokolamsk [ВОЛОКОЛАМСКАЯ]



L'icône de la Mère de Dieu de Volokolamsk est une copie de l'Icône de Wladimir de la cathédrale de la Dormition de Moscou. L'icône fut apportée de Zvenigorod au monastère de la Dormition de saint Joseph de Volokolamsk le 2 mars 1572, pendant la 2ème semaine du Grand Carême et solennellement accueillie par l'higoumène Léonide et par toute communauté monastique. A droite et à gauche de l'icône, dans les marges, sont présents les saints métropolites  de Moscou, Cyprien et Géronte. Leurs présences sur l'icône tient au fait que lors de l'arrivée depuis Constantinople de l'antique icône de la Mère de Dieu dite ensuite "de Wladimir", en l'an de grâce 1395, elle fut accueillie par saint Cyprien, et en 1480, sous le métropolite Géronte, elle vint à Moscou.

En 1588, l'icône de Volokolamsk fut installée au-dessus des portes de l'Eglise au portail sud du Monastère de Saint-Joseph de Volokolamsk en l'honneur de la Présentation de l'icône de Wladimir de la Très Sainte Génitrice de Dieu, dont il est fait mémoire au 26 août.

À la fin du XVIIème siècle, quand fut construite à Moscou l'église éponyme à Staraya Basmanna, l'église au-dessus des portes de saint Joseph de Volokolamsk fut reconsacrée en l'honneur des saints Apôtres Pierre et Paul. L'icône de Volokolamsk fut alors transférée sur l'iconostase de la nouvelle cathédrale de la Dormition du monastère de saint Joseph de Volokolamsk.

En 1578, cette icône fut reconnue comme miraculeuse par la communauté du monastère.

Version française Claude Lopez-Ginisty

mercredi 15 mars 2017

2/15 mars: Icône de la Mère de Dieu Régnante ["ДЕРЖАВНАЯ"]



L'icône "régnante", appartient au type Panachranta [Πανάχραντα, id est Toute Pure, ou Immaculée en grec], elle montre la Génitrice de Dieu, vêtue d'une robe rouge sang, assise sur un trône avec son Fils dans son giron. 

Le trône symbolise la royale majesté de la Mère de Dieu. L'icône originale se trouve au Musée de Novodiévitchi de Moscou, et il en existe une copie dans l'Eglise de la Mère de Dieu de Kazan à Kolomskoye. Cette icône venait du couvent de l'Ascension de Moscou: en 1812 elle avait été envoyée, avec d'autres objets saints à Kolomskoye, lors de l'avancée des troupes impies de Napoléon, pour la protéger des pillards français. Lors de la retraite de la soldatesque française, les icônes furent oubliées à Kolomskoye.

Cette icône apparut à nouveau le 2 mars 1917, jour de l'abdication du saint Tzar-martyr Nicolas II, au village de Kolomskoye près de Moscou.

Au mois de février 1917, Eudocie, une vieille femme vit en songe la Mère de Dieu qui lui demanda d'aller chercher une grande icône noircie dans une église de Kolomskoye. La vision onirique se répéta à trois reprises, avant qu'Eudocie n'aille à Kolomskoye rechercher l'icône avec le prêtre Nicolas, à qui elle avait parlé de cet événement.

En fouillant, au sous-sol de l'église, tous deux trouvèrent l'icône et commencèrent à la nettoyer de toute la poussière accumulée par les ans. Alors, ils purent voir la Très Sainte Génitrice de Dieu couronnée et assise sur un trône. Le Père Nicolas célébra un office d'action de grâces et un acathiste.

La découverte de cette icône se répandit dans toute la Russie, et il y eut de nombreux miracles de guérison d'infirmités physiques et mentales. Avec le temps, l'icône s'éclaircit et se renouvela d'elle-même, devenant plus brillante. 

Le futur Tzar-martyr Nicolas II venait d'abdiquer, et les pieux fidèles de l'Eglise russe estimèrent que la Toute Pure assumait à présent l'autorité royale dans son icône régnante, à présent que le trône de la Sainte Russie sur la terre des vivants était vide.

Sa Sainteté le Patriarche Tikhon (+1925) fit composer un office et un acathiste pour l'icône "Régnante" de la Mère de Dieu. Plusieurs copies de l'icône étaient alors vénérées dans toute la Russie d'alors, mais elles furent toutes confisquées (Et l'office et l'acathiste interdits!) par les Soviétiques qui voulurent empêcher la Mère de Dieu "régnante" de siéger dans le cœur des fidèles orthodoxes après l'abdication et le martyre du Tzar Nicolas II. 

Cette icône est fêtée le 2/15 mars, jour de sa découverte.

Version française Claude Lopez-Ginisty